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Concertations Nationales

Les Concertations Nationales au Congo :  
Théâtre politique ou opportunité historique ? 
 
 
Le Président Joseph KABILA KABANGE a initié la tenue des « Concertations Nationales » pour rétablir et consolider la cohésion nationale constamment menacée. Trois organes du forum sont définis par l’ordonnance présidentielle (n°13/078 du 26 juin 2013), à savoir l’Assemblée Plénière, le Présidium et les Etats Généraux. Les Etats Généraux vont examiner tous les thèmes fixés pour le forum en tirant des conclusions et en proposant des recommandations à l’Assemblée Plénière. 
Nous estimons que les différentes réflexions dans ces assisses doivent se faire à partir d’une base intellectuelle honnête et non biaisée pour des solutions viables. La critique constructive et le débat d’idées sur la base d’une évaluation sans complaisance de l’état de la Nation, sont nécessaires pour réaliser des reformes institutionnelles adéquates. Sinon, nous allons assister de nouveau à un théâtre médiocre de fiction politique.  
1. L’idée des Etats Généraux 
Dans l’histoire de la France, les Etats Généraux sont nés d’une évolution du droit et de la nécessité pour le roi de s’assurer du soutien de ses sujets convoqués selon son bon désir ; ils furent ensuite un lieu de négociation entre le roi et les différents délégués de la société pour reformer le royaume ou supprimer les abus en contrepartie de leur appui. Progressivement, ils sont devenus un lieu de contestation du pouvoir royal ou de sa légitimation ; aussi pendant une période de crise grave, la tenue de ces états dépendait de la volonté du roi. Les Etats Généraux connurent leur apogée en 1789 en amorçant de profonds bouleversements sur les institutions françaises. 
Dans les communautés précoloniales africaines, les membres s’assemblaient pour discuter des problèmes sociaux, régler les conflits d’intérêts, pourvoir à leurs besoins…Dans toutes les communautés humaines contemporaines, quand des problèmes de société se posent, les membres constituent des forums de réflexion pour rationaliser les solutions ; ainsi par exemple les Conférences Nationales en Afrique rassemblaient toutes les forces vives des pays concernés et avaient pour but de proposer des solutions aux problèmes sociopolitiques suscités par des crises institutionnelles. Dans la situation actuelle du Congo où de sérieux problèmes de cohabitation communautaire et de cohésion nationale se posent, il est impératif que toutes les composantes nationales, à travers leurs délégués, se mettent autour d’une table pour poser les bases morales et institutionnelles d’une communauté conviviale et d’une démocratie consensuelle de pacification. La Conférence de Goma de 2008 avait démontré la nécessité d’un tel forum au niveau national. 
Depuis quelques années, après avoir analysé les causes du naufrage communautaire du Congo, je suis arrivé à croire qu’il faut reconstruire notre communauté politique sur des bases objectives, c’est à dire que les Congolais doivent se donner un sens à leur communauté politique en se fixant des objectifs collectifs acceptés par toutes les composantes nationales. J’épingle quelques faits politiques causés par la mauvaise gouvernance depuis 1960 et ayant contribué au naufrage communautaire du Congo :  
•les affrontements inter-ethniques en 1960 (Bakongo-Bangala / Bakongo-Bayaka / Baluba-Balulua….) ;  
•les sécessions du Katanga et de l’Etat Minier du Kasaï ; 
•la déchéance dans les fonctions publiques de Masisi de tous les transplantés banyarwanda ou leurs descendants, leur remplacement par des Congolais dit « autochtones » en 1963-1964 ; 
•les révoltes de la minorité Banyarwanda méprisée (Hutu, Tutsi, Twa) en 1965 ; 
•dans les années 90, les massacres des Luba du Kasaï au Katanga et les expulsions des non originaires du Katanga ; la permanence du mépris des non originaires du Katanga teinté des velléités sécessionnistes ;  
•l’invention du concept de la « nationalité douteuse » entrainant entre autre l’exclusion de tous les Tutsi de la Conférence Nationale dite Souveraine ; 
•les conflits entre différentes communautés dans l’Ituri (Lendu, Hema…), 
•la marginalisation des Pygmées ; 
•La permanence des violences communautaires dans l’Est du Congo et l’ostracisme érigé en valeur « nationaliste et patriotique ». 
Les « Concertations Nationales » peuvent être une opportunité historique pour le Peuple Congolais. En effet, l’Assemblée Plénière du forum sera composée des institutions publiques nationales, provinciales et locales, des partis politiques de la majorité présidentielle et de l’opposition parlementaire et hors parlementaires, des autorités coutumières, de la société civile, des personnalités historiques, des experts et des invités du Chef de l’Etat. Donc dans ce forum, le Peuple Congolais, à travers ses représentants, pourra affirmer cette volonté commune (fondement moral) inexistante et proposer, dans l’autonomie, des reformes institutionnelles pour une communauté politique rationnelle sur des bases objectives (fondement intellectuel).  
La réussite des « Concertations Nationales » sera la vraie émancipation du Peuple Congolais, car la nation congolaise ne sera plus un acquis léopoldien, mais bien la volonté commune de constituer souverainement une communauté de destin réfléchi. Le Peuple Congolais s’affranchirait définitivement de son infantilisme politique en transcendant l’actuelle communauté historique pour une communauté rationnelle. Par contre, l’échec de ce forum sera une catastrophe politique sans précédant, au regard des interférences extérieures intempestives … 
2. Ne pas refaire une autre Conférence Nationale Souveraine (CNS) 
La CNS a été organisée dans un contexte de crise institutionnelle pour une transition vers la démocratie. A son origine, l’idée n’est acceptée ni par le pouvoir régnant, ni par l’opposition radicale ; il a fallu les pressions de certaines chancelleries occidentales qui, par ailleurs, ont assuré le financement de sa tenue. Pour satisfaire l’opinion internationale et le mécontentement populaire, l’autorité établie accepta, malgré elle, le principe d’une conférence nationale, mais en prenant soin d’en fixer, par un décret présidentiel, les contours juridiques favorables à ses objectifs politiques. Immature, l’opposition s’engagea dans des débats anodins et stériles cachant mal ses ambitions. Et pourtant, nul n’ignorait dans quelles conditions les conférenciers ont été choisis, en s’attribuant abusivement le mandat de dignes représentants du peuple. Rassurés par le soutien populaire en « vendant la peau du léopard avant de le tuer », plusieurs acteurs politiques de l’opposition, confondant la « rupture totale » à la « transition démocratique », allaient à cette CNS pour prendre le pouvoir ; l’autorité établie, consciente du « coup d’Etat civil » en gestation, tenait à garder son « pouvoir corrompu » par tous les moyens : les intrigues et la confrontation étaient inévitables. La CNS aurait dû incarner une volonté de consensus politique ; si chaque mouvance était animée par l’idéal de servir d’abord l’intérêt général et de favoriser un climat serein lors des travaux, la face du pays aurait changé. Malheureusement, la Deuxième République n’a pas favorisé une culture politique du respect mutuel qui fonde le sentiment de solidarité pour une communauté de destin ; aussi, le manque de lucidité de certains acteurs face aux problèmes du pays ne pouvait que nous conduire vers la catastrophe.  
Il n’est pas nécessaire de rappeler les épisodes de la CNS, mais ce feuilleton a démontré l’inconscience civique et politique, l’irresponsabilité et le ridicule d’une classe politique au dessus de tout soupçon, conséquence d’une prostitution de la fonction politique depuis l’indépendance du pays. Sur le plan moral, plusieurs exploits ont dévalorisé cet organe de consensus : l’exclusion arbitraire des Banyarwanda, les magouilles dans les préparatifs des travaux, les attributions des sièges auprès des partis politiques alimentaires, les cooptations dosées, le déséquilibre régional, l’esprit de lucre, l’inculture politique inquiétante de plusieurs participants... Si la CNS était souhaitable pour une transition politique pacifique, elle était devenue l’œuvre qui couronnait la stupidité de notre classe politique où corruptions, mensonges, médisances, injures et fourberies s’érigeaient en stratégies politiques. Les antagonismes entre les participants rendaient impossibles la réussite de cette assemblée qui s’est transformée en séance politico-psychanalytique. Alors que le peuple mettait son espoir à ce forum national, il s’y est retrouvé plutôt comme étant le dindon de la farce. Nous devons tirer des leçons sur ce feuilleton de la CNS pour réussir les « Concertations Nationales ». 
3. Que faire pour la cohésion nationale ? 
Depuis plusieurs années, les bonnes volontés étrangères n’ont pas manqué pour accompagner le Peuple Congolais vers une paix durable et la reconstruction de l’Etat ; mais celles-ci ne sont faisables que si ces bonnes volontés s’appliquent d’abord à voir les faits tels qu’ils sont avant de les voir tels qu’on voudrait qu’ils soient. L’existence politique réelle d’un Etat suppose qu’il décide, dans l’autonomie, la question de son existence. Le problème fondamental du Congo se situe au niveau des institutions capables de vivifier un Etat, de dynamiser les initiatives des populations et de consolider le sentiment d’appartenance à une communauté de destin. Dans notre pays, la faillite de l’Etat postcolonial est incontestable ; notre élite politique a vicié certains concepts (Etat, souveraineté, nationalisme, démocratie….), incapable de favoriser l’émergence d’un Etat responsable qui répond aux attentes des populations. Or l’organisation politique est une nécessité sociale ; elle est une réponse aux besoins fondamentaux de l’être humain (sécurité, liberté, identité et bien-être) requérant une codification et une réglementation des actions dans la communauté.  
Une communauté politique exige une autorité qui doit être définie et dotée des pouvoirs et des moyens qui lui permettront de faire exécuter ses fonctions régaliennes. Un Etat doit remplir des missions dont l’exercice commande la survie des collectivités humaines ; par exemple une fonction d’intégration qui procure à la communauté la cohésion spirituelle grâce à laquelle elle résiste à l’effet destructif des rivalités d’intérêts. Une mauvaise gouvernance publique provoquera à la longue une désorganisation culturelle, des épidémies, la famine, l’appauvrissement généralisé, les violences, la culture de la mort et l’exode : c’est le phénomène qui caractérise notre pays. Une communauté dépourvue d’une bonne organisation politique ne peut survivre aux péripéties de l’histoire… 
Est-ce que les institutions actuelles répondent aux aspirations des populations congolaises ? Quelles sont les institutions capables d’harmoniser la cohabitation des différentes composantes nationales pour le bien commun ? Voilà un exemple des questions fondamentales des « Concertations Nationales ». Plus de 53 ans après son indépendance, notre pays, dans ses errements institutionnels, ne constitue aujourd’hui qu’une masse humaine où chaque individu lutte pour sa survie personnelle. La coexistence multiethnique n’implique pas de facto l’existence d’une communauté consciente car celle-ci, quand elle est véritablement constituée, est fondée sur un premier degré de sympathie instinctive et réciproque. Or les drames que nous vivons aujourd’hui à l’Est du pays démontrent que nous sommes encore au stade primaire d’une communauté politique, c’est à dire l’acceptation de l’autre pour un destin commun. L’ostracisme, la haine et la permanence des violences communautaires prouvent bien notre inconscience communautaire car nous avons démontré que l’identité congolaise est le simple fait d’avoir été des sujets léopoldiens et belges.  
Quand le développement d’une composante communautaire se fait sans obstacle, son respect de soi demeure intact et elle n’a pas de raison pour considérer les autres en ennemies ; mais quand, pour une raison quelconque, des obstacles arrêtent son développement, elle va se cabrer et développer l’antipathie vis à vis des autres composantes communautaires. La violence, la terreur et la culture de la mort vont détruire systématiquement le sentiment d’appartenance à une même communauté de destin, à une même nation ; cela résulte de l’absence d’une bonne organisation politique et d’une défaillance dans l’éducation des populations.  
Nous devons nous affranchir de cette phase d’instabilité communautaire pour nous affirmer comme organisme conscient à la fois de notre unité et de notre communauté de destin, donnant ainsi un caractère convivial et définitif à notre vie collective. Une communauté politique consciente et conviviale ne sera possible que si nous nous nous fixons des fins et tendons vers leur réalisation. La gouvernance de notre collectivité doit se faire à travers des institutions et des lois acceptées librement par tous les Congolais ; ainsi nous devons nous donner un ordre politique compatible à nos aspirations. Il est incontestable que notre pays traverse une crise réelle de son intelligence collective ; si nous voulons bien reconstruire notre communauté politique, nous devons être sincères entre nous, nous respecter mutuellement et nous libérer de certains préjugés qui bloquent tout processus d’intégration communautaire. L’ordre politique actuel est essoufflé pour résoudre la crise profonde qui accable notre communauté ; rien de responsable ne bourgeonne sur notre scène politique et le pays tourne en rond dans une léthargie intellectuelle morbide ; il est plus que temps de rationaliser notre action politique communautaire.  
4. Les thèmes du forum 
Les thèmes proposés au forum sont très pertinents ; les réflexions communes pourront éclairer tous les acteurs intérieurs et extérieurs sur les problèmes de fond qui se posent dans notre pays. Seulement, nous devons revoir notre manière de penser l’action politique dans notre pays, surtout dans un contexte de globalisation. Je me limite à quelques thèmes proposés par l’ordonnance présidentielle sur les « Concertations Nationales » 
4.1.Gouvernance, démocratie et reformes institutionnelles 
Quelle sont les réforme institutionnelles que nous pouvons mener pour une gouvernance publique responsable et une démocratie de pacification ? Quel ordre politique pouvant favoriser l’épanouissement des facultés et des opportunités individuelles ? Voilà comment je comprends cette thématique. Nous devons imaginer des institutions qui assurent une bonne gestion des affaires publiques et une responsabilisation accrue de la société civile. Notre gouvernance publique sera bonne quand elle pourra assurer l’épanouissement de la personne humaine et l’émergence d’une communauté politique conviviale intégrée ; celle-ci se construit démocratiquement à partir de la base.  
Chaque être humain a des potentialités pouvant servir la communauté dans un environnement institutionnel favorable ; cela suppose des interventions plus responsables de l’Etat pouvant favoriser les initiatives privées à but lucratif ou non. Les progrès socioéconomiques sont possibles et durables lorsque tous les acteurs du développement trouvent leur compte ; la communauté progresse lorsque l’Etat, le secteur privé et la société civile parviennent à collaborer dans le sens du bien commun. Il nous faut donc adopter un certain esprit de progrès imprégnant notre gouvernance publique et inventer en permanence de nouvelles fonctions de notre Etat, instrument de notre communauté politique.  
Dans un contexte de globalisation économique et des mécanismes régulant l’interdépendance, nous devons restructurer notre Etat en fonction de notre étendue spatiale et de notre diversité culturelle ; aussi, notre pays à la particularité d’avoir neuf frontières avec des affinités culturelles et des potentialités économiques qui intéressent différents acteurs économiques tant intérieurs qu’extérieurs. Il faut donc des entités autonomes ayant des règles dont l’application entraîne des aménagements locaux et régionaux ; cela suppose une décentralisation de la décision politique et économique. 
Nos institutions doivent être conçues sur des raisons économiques et juridiques. Sur le plan économique, certaines compétences peuvent être assurées par l’Etat central et les entités autonomes ; sur le plan juridique, la Constitution doit assurer les droits fondamentaux de façon uniforme. Pour poser les bases d’une démocratie de pacification, il nous faut un institutionnalisme normatif fondé sur deux impératifs : 
•élaborer des structures où la primauté de la personne humaine est assurée au maximum ; 
•élaborer des structures où l’efficacité de l’économie est assurée au maximum 
Cette conception politique entraîne la réorganisation des structures administratives et économiques façonnées de telle sorte que les problèmes soient toujours réglés au niveau où les solutions sont les plus efficaces. Notre espace politique doit être un ensemble de communautés élémentaires articulés dans des groupes ou des réseaux de plus en plus larges et complexes, et cela, quelles que soient les cellules de base regroupées hiérarchiquement en village, commune, ville, territoire, province et nation, ou sur le plan fonctionnel (agropastoral, commerce…). Le principe fondamental de l’autonomie dans la gestion publique est que les problèmes d’organisation et de fonctionnement soient posés et réglés au stade le plus bas possible et ne soit évoqué à l’échelon supérieur que si le transfert de compétence est indispensable pour des solutions plus efficaces, en particulier lorsqu’une mesure peut être commune à plusieurs. Dans chaque entité autonome, il nous faut une gouvernance publique responsable caractérisée par la participation citoyenne, la transparence des processus de décision, la reddition de compte et le contrôle des activités des gouvernants. 
La vie économique doit être organisée au niveau le plus bas possible, mais aucune cellule économique ne doit être fermée, de telle sorte que celles qui seront inefficaces dans l’isolement soient redynamisées dans un ensemble plus grand. Nous rejetons ainsi le concept de « compétence déléguée » où les différentes entités économiques (l’exemple des entreprises publiques) recevraient leurs responsabilités d’une autorité publique souveraine, ce qui favorise la prédation publique. Nous devons adopter la notion de « compétence résiduelle » qui exprime sur le plan institutionnel, le « principe de subsidiarité ». 
 
Nous devons promouvoir et moderniser les structures communautaires locales, soutenir les opérateurs du secteur privé et les organisations de la société civile, tout en renforçant l’Etat central dans ses fonctions essentielles, à savoir la législation, la politique macro-économique et la coordination des sous-systèmes. Nous pensons qu’un modèle politique adapté à notre pays devra être fondé sur deux principes : 
•autonomie pour les affaires courantes pour chaque province (administration, gestion des services essentiels, éducation, santé, culture...); 
•pour la représentation au niveau national, chaque région élit ses propres représentants. 
 
Les questions d’intérêt national sont réglées par le gouvernement central, la province ou la localité sera gérée par son exécutif. Les représentants des provinces dépendent directement de leurs électorats respectifs, auxquels ils sont tenus de rendre compte ; une telle forme de représentation directe assure une responsabilisation et une transparence politique vis à vis des communautés locales. Ce modèle ne donne pas seulement à ces communautés une possibilité accrue de gérer leurs propres affaires ; il limite également le risque des conflits interethniques ou tribaux dans la mesure où chaque entité est responsable de ses propres sphères politiques, culturelles et économiques. Au niveau national, une relation de confiance et de respect mutuel, ainsi qu’un climat de coopération, sont indispensables à la recherche d’un consensus sur les questions d’intérêt national.  
En bref, compte tenu des caractéristiques de la communauté politique congolaise, ce modèle semble offrir un cadre adapté de développement démocratique pour mieux exploiter le potentiel socioculturel de notre pays. Il ne s’agit ni d’une modernisation politique à l’occidental, ni d’une acculturation mais plutôt de la revitalisation et de la mobilisation d’une vie communautaire locale longtemps négligée, adaptée aux exigences du temps à des fins de stabilité, de responsabilisation et de bien-être pour tous. L’élément capital qui intervient dans ce processus, c’est la valorisation de l’individu, de la personne humaine, moteur du processus évolutif. 
4.2.Economie, secteur productif et finances publiques 
Chaque peuple aspire au bien-être, mais ignore les voies et les moyens pour y parvenir ; c’est un Etat responsable qui doit l’aider à l’atteindre à travers des institutions et des actions politiques favorables au progrès socioéconomique. 
Dans un contexte de mondialisation, la criminalisation de l’Etat, souvent issue des structures autoritaires d’une mauvaise gouvernance publique, ne peut qu’entraîner la ruine d’un pays. L’économie mondialisée se structure en réseaux respectant des normes juridiques et économiques ; un pays qui s’égare dans des pratiques non conformes aux règles morales régissant un Etat responsable pour une économie moderne, est marginalisé et livré à la prédation internationale. Pour éviter les dérives maffieuses de la gouvernance publique, il faut s’assurer d’institutions démocratiques fortes et la transparence du processus de décision publique.  
Un Etat apporte un minimum d’organisation à l’économie de marché (institution juridique, monnaie…) où l’échange repose sur le principe d’autonomie de la volonté et sur la notion de consentement ; ainsi, l’épanouissement de l’individu en tant qu’acteur socioéconomique est déterminant pour la prospérité communautaire. Les conditions de la réussite dans une économie de marché sont l’imagination et l’initiative privée ; or dans un climat de répression politique, il est difficile de développer ces conditions. L’esprit d’entreprise privée ne peut être stimulé sur le plan national que s’il existe un cadre juridique, administratif et politique qui le soutienne. La bonne gouvernance publique porte essentiellement sur le respect des droits civils, la responsabilisation politique et la transparence ; seul un système démocratique peut garantir ces conditions.  
Le système économique que nous proposons est fondé sur les principes suivants qui doivent être codifiés dans la Constitution: 
•le principe du respect de la personne humaine qui souligne le droit fondamental inaliénable de la dignité de l’homme et du libre épanouissement de chaque individu ; il exige la liberté de production, de commerce, de consommation, de choix de profession ; 
•le principe de solidarité qui souligne le fait que l’individu fait partie et dépend de la communauté, justifiant ainsi la mise en place des mécanismes de solidarité. 
 
Le comportement socio-économique de l'Etat doit être guidé par le principe de subsidiarité et de conformité au marché, c’est à dire que l’Etat n’intervient qu’en l’absence d’une initiative privée viable, en évitant d’entraver les mécanismes du marché. Le consensus politique et social doit être le maître mot du soutien de la croissance économique, et les mandataires publics, quel que soit le niveau de la démocratie réelle du pays, auront à cœur de la dynamiser en multipliant les modes de coopération entre le secteur public et le secteur privé. Le système économique que nous prônons se caractérise par un degré élevé d’adaptabilité et de flexibilité afin de combiner la performance optimale liée au mécanisme du marché, d’une part, à la sécurité et la justice sociales, d’autre part. 
Il existe un décalage entre les objectifs de l’Etat et ceux des agents économiques. Sur ce, le gouvernement doit prendre des mesures spécifiques de politique économique pour inciter les opérateurs économiques d’adopter des comportements favorables au renouveau et à la croissance économique; celle-ci doit être définie par des grandes orientations stratégiques indicatives, évitant tout dirigisme dans le choix des priorités et d’allocation des ressources. 
Conformément aux valeurs politiques exposées ci-dessus, précisant notamment la nécessité de partage de buts et d'idéaux communs tels que la recherche d'un mieux être pour tous et la solidarité entre les composantes nationales, le programme économique de reconstruction nationale et de développement doit viser à assurer un taux de croissance annuelle positif de la production nationale. Il doit veiller à la transparence dans la gestion et au respect de l'éthique des moyens mis en œuvre pour réduire l'extrême paupérisation des populations. Il doit permettre aux masses populaires de percevoir concrètement et réellement qu'une répartition équilibrée des fruits de la croissance est opérée ; ainsi le pourcentage de population qui vit aujourd'hui sous le seuil de pauvreté, devra rapidement décroître en fonction de l'accroissement de richesses générées au plan national. Cette recherche constante de la croissance doit se fonder essentiellement sur un mixage macro-économique, favorisée par la surveillance constante et minutieuse des indicateurs de croissance, de développement des ressources humaines, d'interventions publiques générales et sélectives.  
L’Etat devra bâtir une politique de relation nouvelle avec les groupes industriels, parapublics ou privés en vue, non seulement de préserver, mais de développer les intérêts de notre pays. Il doit favoriser, autant que faire se peut, la mise en œuvre sur notre territoire, du plus grand nombre de projets productifs amenant de l'investissement, de l'embauche et de la valeur ajoutée. Il doit accorder la plus grande attention aux modalités de la réalisation des projets (technologie, concurrence internationale, management, réglementation...). L'action publique relative au développement des projets productifs doit consister en la coordination des moyens d'intervention dont L'Etat dispose pour générer des opportunités de performance pour les opérateurs économiques. 
La concurrence effective est l’une des caractéristiques de la démocratie économique ; elle peut :  
•assurer l’allocation optimale des ressources,  
•stimuler le progrès technologique en favorisant l’invention, l’innovation et l’imitation, 
•assurer une satisfaction optimale des consommateurs. 
•atténuer un pouvoir économique permanent. 
 
Un des éléments fondamentaux d’un bon système économique pour notre pays est l’existence d’un nombre suffisamment élevé des opérateurs économiques nationaux et internationaux jouissant d’une liberté d’action ; ils doivent être libres de décider eux-mêmes de la conduite de leurs affaires. Cette liberté d’action économique n’implique pas la liberté de violer d’autres règles de la législation générale. Les opérateurs économiques doivent pouvoir réussir et courir le risque d’échouer, respectant ainsi les règles de la concurrence effective. La législation doit veiller au respect de la structure compétitive en évitant toute forme de barrière à l’entrée au marché ; si les marchés doivent être ouverts pour favoriser le commerce international libre, l’Etat, en symbiose avec les opérateurs économiques nationaux, doit proposer des mesures stratégiques pour nos produits nationaux. 
Pour que l’Etat exerce ses fonctions régaliennes, il faut des moyens financiers qui sont obtenus par l’impôt, les recettes non fiscales, l’emprunt, la création monétaire et l’aide extérieure. Dans un Etat décentralisé, les entités territoriales sont investies d’une partie de ces fonctions, sauf la création monétaire; elles bénéficient aussi des transferts reçus de l’Etat central. Ayant une multitude de niveau de décisions, il faut fixer la proportion appropriée des instruments de financement pour chaque entité décentralisée.  
4.3.Conflits communautaires, paix et réconciliation nationale 
Les « Concertations Nationales » ont aussi pour but de mettre fin aux cycles de violences à l’Est du pays où des conflits communautaires datant des années 60, ont généré des bulls qui éclatent plusieurs années après, entraînant des catastrophes humanitaires sans précédent. Si la Communauté Internationale appui une solution diplomatique et militaire, nous devons, au niveau national, trouver des solutions en fonction des causes profondes de ces violences intercommunautaires. Les violences à l’Est sont récurrentes aux conflits fonciers, aux compétitions politiques et économiques. Ces convulsions communautaires renvoient à l’histoire des peuplements dans la région des Grands Lacs, aux divergences d’intérêts entre autochtones et allochtones. La permanence des tensions communautaires est exacerbée par la pauvreté généralisée, la mauvaise gouvernance locale, les compétitions entre acteurs politiques et chefs coutumiers, le clientélisme dans les réseaux locaux et nationaux…Les défaillances dans la pratique institutionnelle favorisent l’émergence des chefs locaux qui instrumentalisent l’autorité publique et les acteurs internationaux en fonction de leurs intérêts personnels[1]. On assiste à une pérennisation des conflits intercommunautaires, surtout que les antagonismes entre les différentes communautés sont attisés allègrement par les populations qu’au niveau de l’Etat et des acteurs politiques provinciaux et nationaux.  
La permanence des conflits intercommunautaires montre la nécessité d’une approche locale pour trouver des solutions efficaces durables. Les autorités provinciales doivent concevoir des stratégies pour agir sur les causes des violences et améliorer les relations intercommunautaires. La construction d’une paix durable à l’Est du pays exige qu’on s’attaque d’abord aux causes des conflits plutôt qu’aux symptômes. Au lieu de privilégier seulement une solution militaire contre les groupes armés, l’Etat doit plutôt chercher à améliorer la convivialité intercommunautaire pour une paix civile durable. 
L’ignorance et la mauvaise volonté de certains acteurs politiques sont un grand handicap pour la construction d’une communauté politique conviviale intégrée au Congo. D’abord, le Peuple Congolais doit apprendre à se connaître ; par exemple, il est difficile de faire accepter à certains compatriotes, surtout ceux de l’ouest, qu’il y a une communauté congolaise parlant la langue kinyarwanda.  
Ensuite le Peuple Congolais doit connaître les autres populations voisines. Dans la région des Grands-Lacs, les populations s’expriment en différentes langues dites bantu ; mais leur proximité lexicale et morphologique ne signifie pas qu’il y a d’emblée intercompréhension. Généralement on distingue 5 sous-ensembles, d’est à l’ouest des Grands-Lacs. Au nord du Lac Victoria, le « luganda » est proche du « lusoga ». Du Lac Albert jusqu’au sud-ouest du Lac Victoria, on identifie le « runyoro », le « rutoro » à l’ouest de l’Uganda, le « ruhaya » sur la rive ouest du Lac Victoria, le « runyambo » à l’est de la Kagera et le « ruzinza ». La multitude d’unités politiques a favorisé les variantes dialectales, mais il est intéressant de chercher à comprendre les raisons historiques de l’unité dialectale préexistantes. 
Au sud-ouest de l’Uganda à la frontière du Rwanda, le « runyankore » est très proche des différentes langues parlées entre le Lac Edouard et les volcans. Ensuite on retrouve l’ensemble des locuteurs capables de se comprendre sans difficultés, des volcans de Virunga à la Malagarazi, avec le « kinyarwanda », le « kirundi », le « giha », le « kivinza », le « gishubi » (région de Buha en Tanzanie). À l’ouest des lacs Tanganyka, Kivu et Edouard, on regroupe une série d’idiomes apparentés comme le « kifurero », le « shi », le « havu », le « hunde », le « konjo » et le « nande ». Un Burundais peut parler sa langue maternelle et être compris à l’est du Congo, au sud de l’Uganda, au Rwanda et à l’est de la Tanzanie. Toutes ces régions des Grands Lacs ont une histoire culturelle commune de longue date, mais aussi des clivages et antagonismes politiques [2].  
C’est le devoir de l’Etat de pallier à cette ignorance regrettable et fatale pour la cohésion nationale et régionale. Pour la réconciliation nationale, il faut mettre sur pied une commission « vérité et réconciliation », opérationnelle surtout dans les régions à conflits intercommunautaires.  
 
4.4. Décentralisation et renforcement de l’autorité de l’Etat 
La Constitution actuelle au Congo donne une large autonomie et la personnalité juridique aux provinces et aux Entités Territoriales Décentralisées - ETD (villes, communes, secteurs et chefferies). Les provinces sont les autorités de tutelle sur les ETD. Cependant la pratique constitutionnelle connait des défaillances et la réalité dans la gestion quotidienne des affaires publiques montre bien un centralisme déguisé, une décentralisation discrétionnaire[3]. Les institutions actuelles montrent bien que le pouvoir est concentré à Kinshasa où l’on décide du degré de décentralisation des provinces ; l’Etat central qui donne l’autonomie aux provinces, reste puissant parce qu’il peut la modifier à tout moment. Nous devons simultanément décentraliser le pouvoir au centre et aux provinces ; et c’est la constitution qui doit garantir l’autonomie aux provinces.  
Sur le plan institutionnel, le pays navigue à vue, ce qui entraîne l’incertitude politique, administrative et fiscale dans la confusion des pouvoirs et le despotisme de proximité[4]. Cette situation est récurrente à la culture politique au Congo depuis l’indépendance :  
•le pouvoir politique sert à assurer la domination d’un groupe sur les autres membres de la communauté pour tirer profit, en maintenant des privilèges d’une minorité sur la majorité ;  
•le non respect des textes et de la parole donnée. 
Pour une démocratie de pacification, le pouvoir doit servir l’intérêt général en réalisant l’intégration de tous les individus dans notre communauté politique. Chaque citoyen attend de l’Etat la satisfaction de ses besoins fondamentaux et chaque pouvoir politique doit chercher à consolider son autorité. L’Etat accompli ses devoirs à travers les institutions conçues dans le sens du bien commun ; si le pouvoir politique ne respecte pas l’esprit des institutions acceptées par toutes les composantes nationales, l’autorité de l’Etat s’affaibli et devient contestable. Il est bon de rappeler que si la démocratie est le gouvernement du peuple par le peuple, elle reflète le refus exprimé par un individu ou un groupe d’individu de se soumettre aveuglement au pouvoir d’un autre individu ou d’un groupe ; elle suppose une limitation de tout pouvoir et une participation citoyenne active et responsable ; elle requiert la protection de chaque citoyen par la loi et l’égalité de tous devant la loi.  
Dans un Etat multinational comme le Congo, il sera quasi impossible de réussir une démocratie de pacification en fonction des directives constitutionnelles centralisées; celui qui arrive à la direction du pays est vite débordé par la coterie, créant ainsi des dérives communautaristes. La décentralisation évoque certes une administration publique de proximité ; mais si la pratique institutionnelle ne reflète pas l’esprit d’un contrat social pour une communauté politique conviviale intégrée, l’Etat sera instrumentalisé par la coterie dominante, ce qui entraînera toujours des dérives et l’instabilité politique. Nous devons réfléchir sur des institutions adéquates et de modes de procédure pour une démocratie de pacification. Certes, il ne sera pas facile de transformer des individus, souvent incultes, en des communautés de citoyens responsables (et non des sujets); la démocratie est un processus de longue haleine nécessitant en permanence des réajustements institutionnels. 
5. La responsabilité des médias pour la cohésion nationale 
Le rôle des médias est déterminant pour contribuer à l’émancipation politique d’un peuple ; ils ont essentiellement pour mission de transmettre des messages à travers des informations recueillies. Ainsi il est nécessaire de sensibiliser les médias sur leur influence sur la formation des opinions dans une communauté politique préoccupée par sa stabilisation et sa cohésion nationale. Pour aider les membres de la communauté qui s’engagent dans la voie de l’émancipation politique (partis politiques, syndicats, ONG…), l’information doit présenter certaines caractéristiques susceptibles d’être appréciées à la lumière des critères suivants :  
•son universalité qui reflète la totalité des faits présentés ;  
•son exactitude qui traduit sa conformité aux faits ;  
•son intelligibilité qui exprime sa capacité à être compris correctement par le destinataire ;  
•son accessibilité qui révèle la possibilité pour un individu de le recevoir et d’identifier sa traçabilité depuis son point d’arrivée jusqu’à sa source ;  
•sa pertinence qui indique son adéquation aux besoins et aux caractéristiques du destinataire. 
Certes, au Congo où les médias sont encore au stade de tâtonnement, il sera difficile de satisfaire à ces critères ; la bonne qualité des médias se heurte à plusieurs difficultés d’ordre financier, technique, social et culturel. Néanmoins, les responsables des médias dans la situation actuelle du pays doivent poursuivre une double vocation : informer et former le peuple congolais en fonction de ses critères pour contribuer à l’émergence d’une communauté conviviale. Sur ce, ils doivent se greffer sur les structures communautaires les plus proches des populations et s’intégrer de façon organique aux canaux de communication existants ; ainsi ils pourront contribuer à dénouer cette crise de l’intelligence collective qui caractérise notre communautés politique instable, au lieu de l’aggraver comme c’est le cas actuellement par la sublimation de la haine de l’autre.  
Le problème se pose au niveau de l’analyse des faits politiques et de la transmission des messages. En ce qui concerne l’analyse des faits, le plus difficile n’est pas d’interpréter les évènements selon ce qu’on veut qu’ils soient mais plutôt d’en discerner le sens exact et la direction. Quant à la transmission des messages, la maîtrise de la langue utilisée par les médias est déterminante pour la culture politique d’une communauté ; les mots étant inséparables des idées, il sera difficile de transmettre un message constructif si les membres d’une communauté ne parlent pas le même langage ; on peut donner l’exemple d’une difficile perception rationnelle du concept de nationalité au Congo. 
La diffusion imprimée, parlée ou visuelle des nouvelles est un pouvoir redoutable qui peut construire ou détruire une communauté politique. Le fait d’informer ou de ne pas informer le public sur des faits politiques, de l’informer à tel moment plutôt qu’à tel autre, la manière d’annoncer, de montrer, de commenter les faits, influence l’idée que le public s’en peut faire, le jugement qu’il va avoir dessus et l’attitude qu’il adoptera à son propos. Dans la crise congolaise, la manipulation de l’irrationnel à travers les médias est instrument foudroyant utilisé par chaque agent politique et social. Etant un instrument qui agit sur la conscience, le choix et les actes des citoyens, il est nécessaire de l’institutionnaliser et de le codifier ; ainsi il faut œuvrer légalement pour l’efficacité des instruments de communication. 
6. Conclusion 
En mémoire de tous les Congolais disparus, des populations victimes des violences et de la pauvreté, et surtout, pour la survie de notre pays, nous lançons un appel à la conscience morale et politique de chaque congolais : contribuons tous pour la réussite des « Concertations Nationales » sans exclusion 
« L’histoire, pas plus que la nature, ne peut nous indiquer ce qu’il faut faire. C’est à nous qui y apporte un but et un sens. Les hommes ne sont pas égaux mais nous pouvons décider de combattre pour l’égalité des droits. Nos institutions sociales ne sont pas rationnelles, mais nous pouvons tenter de les rendre plus rationnelles. Nous pouvons faire un effort semblable en ce qui concerne nos réactions et notre langage, dans lesquels le sentiment l’emporte trop souvent sur la raison. Le langage doit être pour nous, avant tout, un instrument de communication rationnelle. C’es à nous qu’il revient en définitive, de choisir les buts de notre existence, d’en fixer les objectifs » (Karl POPPER, La société ouverte et ses ennemis). 
 
Références 
BOUVIER P. (2013), La décentralisation congolaise, La Libre Belgique, 26 Mars 2013 
CHRETIEN J.P. (2003), L’Afrique des Grands-Lacs, Edition Flammarion 
DIATEZWA B. (2008), Pour une gouvernance publique responsable au Congo Kinshasa, www eurac réseau .org/web/uploads/documents/20080505_10279.doc 
ENGLEBERT P. (2011), Dé-recentralisation, incertitude et despotisme de proximité en RDC, Histoire des Temps Présents, Musée Royal de Tervuren, Belgique, 2011 
 
GRAP (2012), Les défi de la décentralisation pour la coopération au développement, Policy brief, #5 
ICG (2013), Comprendre les conflits dans l'Est du Congo (I) : la plaine de la Ruzizi, ICG, Rapport Afrique N°20623, Juillet  
 
Le 13 Août 2013 
 

 

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Modifié en dernier lieu le 5.12.2013
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